source : Les echos : Dominique Bussereau siffle la fin de la partie : pas question pour le secrétaire d'Etat aux Transports de revoir la politique des péages acquittés par les TGV. Depuis quelques semaines, la SNCF s'alarme pourtant de leur évolution : avec des redevances en croissance de 940 millions d'euros (+ 75 %) entre 2008 et 2013, le résultat courant des TGV (environ 900 millions l'an dernier) devrait être complètement siphonné en trois ans dans les conditions économiques actuelles, selon la compagnie ferroviaire. Une façon pour cette dernière de renvoyer la balle au gouvernement, appelé à réaliser de lourds investissements publics. « C'est logique que l'Etat paye, car celui qui a voulu le réseau actuel, c'est le Parlement »,assurait début octobre David Azéma, directeur général délégué en charge de la stratégie. Le raisonnement n'a visiblement pas convaincu Dominique Bussereau. Auditionné le 28 octobre par la commission des Finances et par la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale, le secrétaire d'Etat aux Transports n'a pas caché son agacement devant la façon dont la SNCF a conduit un débat « dont j'estime (…) qu'il devrait moins se dérouler sur la place publique que dans des lieux plus adéquats ».
Sur l'évolution à proprement parler des péages, le ministre n'entend pas remettre en question une stratégie arrêtée il y a un an et demi pour augmenter les ressources de Réseau Ferré de France (RFF), le propriétaire des rails, qui « doit disposer des moyens nécessaires afin de rénover et de régénérer le réseau ». « Il faut selon moi s'en tenir au contrat de performance qui a été mis en place [avec RFF], la SNCF devant avant tout compter sur l'augmentation de ses recettes par l'amélioration du taux de remplissage des trains ainsi que de sa politique commerciale », a-t-il expliqué, répondant à une question d'Hervé Mariton, le député UMP de la Drôme.
En clair, la compagnie ferroviaire n'a qu'à revoir ses méthodes. RFF n'avait pas dit autre chose mi-octobre. En réaction au signal d'alarme tiré par la SNCF, Hervé de Tréglodé, le directeur général adjoint du gestionnaire des rails, avait rétorqué qu'une part importante des hausses de redevances « découle de l'inflation des coûts pour les travaux de maintenance du réseau » assuré par la compagnie ferroviaire (« Les Echos » du 15 octobre). « D'une certaine façon, il existe des insuffisances en termes de productivité de la part de la SNCF », avait-il ajouté.
Avec cette position, le gouvernement réaffirme sa philosophie quant au financement du réseau, expliquant que ce sont aux utilisateurs - « les éventuels compétiteurs de la SNCF devant également s'acquitter du paiement », a rappelé le ministre - de le faire. Une vision réfutée par David Azéma, à la SNCF, pour qui c'est « une vue de l'esprit de dire que le système ferroviaire peut s'autofinancer ».
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