Jeudi 5 novembre 2009
"Il n'y aura pas de licenciement", assure le patron de la SNCB

 
05.11.09 - 08:35

L'administrateur délégué de la SNCB, invité de Matin Première ce jeudi, s'est voulu rassurant. Marc Descheemaecker dit avoir entendu le signal lancé par les cheminots et assure qu'il n'y aura pas de changement de statut, ni licenciement ni de réduction de salaire.

Le patron de la SNCB a annoncé, d'entrée de jeu et l'a répété à plusieurs reprises, qu'il fallait "bien interpréter le signal qui est donné aujourd'hui et je crois qu'on va bien le faire".

Marc Descheemaecker a également dit avoir "une certaine compréhension" quant à la motivation de cette grève qui touche le rail ce jeudi. "Le statut du cheminot est très important", dit-il, la majorité des travailleurs à la SNCB est statutaire et il comprend très bien qu'il y ait "une volonté de défense du statut". Mais c'est aussi une volonté du côté de la direction, a-t-il précisé.

B-Cargo

Actuellement, B-Cargo n'est pas rentable. En mars dernier, les pertes envisagées par la direction étaient évaluées entre 180 et 190 millions d'euros. "On va arriver finalement à quelques 130 millions d'euros", a expliqué le patron de la SNCB. Et si la crise est en partie responsable, ce n'est pas la seule en cause, "il y a aussi un problème de surcapacité", a-t-il dit. En d'autres termes, il y a trop "de collègues là (chez B-Cargo) que l'on veut réorienter".

Moins d'engagement à la SNCB

Marc Descheemaecker tient néanmoins à rassurer ceux qui travaillent à la SNCB. On va respecter le statut des cheminots, dit-il, "il n'y aura pas de licenciement", juste des reclassements "là où il y a du surplus". Le patron de la SNCB parle de donner des programmes de formation.

Par contre, dit-il, "on va recruter un peu moins de gens dans l'avenir". Le nombre de cheminots devrait ainsi se réduire de 38 000 à 37 000 personnes dans les prochaines années, annonce-t-il. "Mais il n'y aura pas de licenciement, pas de réduction de salaire, pas de changement de statut. Un assainissement presque idéal si on compare à d'autres restructuration en Europe et même en Belgique".

Une filialisation "obligatoire"

La filialisation programmée de B-Cargo est "une obligation que l'Europe nous met", précise l'administrateur délégué de la SNCB. Ce n'est pas un choix réel de la part de la direction et il n'y a pas d'agenda caché.

Marc Descheemaecker si dit "partisan" pour garder l'activité fret de la SNCB dans le giron de l'entreprise publique. Il affirme d'ailleurs ne pas vouloir privatiser B-Cargo à terme, "Ce n'est pas une bonne idée", dit-il, "Moi, je préfère que l'on prenne des décisions logistiques en Belgique plutôt qu'à Berlin ou ailleurs".

Et d'ajouter: "L'activité ferroviaire pour le fret en Europe n'est pas rentable, tout le monde est en train de restructurer et il faut suivre le mouvement mais il faut continuer le fret, c'est important". Il se dit d'ailleurs persuader que cette activité sera finalement rentable mais il faut être performant pour y arriver, dit-il.

Du respect pour les syndicats

Interrogé sur la nécessité ou non d'introduire un service minimum sur le rail, le patron a répondu qu'il était plutôt pour "un service maximal".

L'administrateur délégué de la SNCB a également tenu à souligner qu'un accord avait été signé avec les syndicats l'année dernière et qu'il a été respecté. "Il y a eu très peu de grève", dit-il, "pas de mouvement reconnu par les syndicats". C'est la première depuis cet accord, précise-t-il. Et d'ajouter: "ils n'ont pas fait grève pour n'importe quoi depuis deux ans".

(C. Biourge) 

Crédit photo : RTBF


sources : http://www.rtbf.be
Par Syndicat CGT des cheminots de Reims - Publié dans : Luttes
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